Manambato : carnet de route

Voici quelques images de la RN7 qui longe la côte Est de Madagascar. Un portrait de route plus qu'un carnet de route où se trace l'attente, la pauvreté, des industries qui inquiètent beaucoup certains Malgaches mais aussi les sourires et la vie qui semble surgir de partout.

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Des camions! Des centaines de camions!
Le plus souvent en surcharge et roulant à pleine vitesse.
Le hurlement de leurs klaxons semble projeter quelques mètres devant eux les piétons dans le bas côté.
Sur la RN7 comme ailleurs, on ne dévie pas sa trajectoire, c'est aux gens de se pousser.

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Les cases poussent au bord de la RN7, comme pour se nourrir d'un trafic qui n'en finit pas.
Ce sont de petits commerces qui s'organisent, de petits trafics surtout qui voient le jour. Rien de terrible, rien de très rémunérateurs bien souvent. Comme la vente de charbon de bois, deux fois moins cher ici que dans la capitale.
Dans les villages fendus par la route, ce ne sont pas que les pannes qui y stoppent les camions. La prostitution y fait un commerce florissant.

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Le riz, c'est le pain malgache. Beaucoup de femmes travaillent dans les rizières, qu'elles soient parfaitement entretenues, ou que le riz soit semé à la volée sur les terres à peine défrichées.
Cette ressource va se faire rare dans les mois qui viennent.
C'est la période de soudure : des mois sans récolte où la disette prend au ventre les Malgaches les moins fortunés.

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Banlieue de Tamatave.
Je demande à notre chauffeur L. si nous pouvons aller voir cette usine dont j'ai entendu parler à plusieurs reprises.
Il n'est pas très chaud. Me dit que nous n'avons pas le droit d'y aller encore moins de filmer.
Mais je n'ai pas beaucoup à insister pour que nous en prenions la direction. Il n'aime pas cette usine.
Sur la route, il me raconte ce qu'il sait et ce qu'il a entendu dire.
Il suffit de suivre les zones d'assemblage de pipelines pour découvrir, derrière les barbelés, l'immense chantier engagé par Sherrit, une entreprise canadienne.
L. m'explique.
Le minerai extrait à quelques centaines de kilomètres de là, sera acheminé ici,  par le pipeline justement. On en extraira le nickel. Comment? Grâce à de l'acide sulfurique, chauffée à 250°C sous 4,5 atmosphères. L. semble s'y connaître. "J'ai eu accès à tout le dossier, j'ai pu  découvrir tout ça. Ce que je n'ai pas réussi à connaître, c'est le lieu où seront stockées les boues après le traitement." Près de 300.000 m² par jours à ce qu'il me dit.

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L., notre chauffeur m'explique.
Le pipeline qui conduira les boues chargées de nickel vers l'usine de traitement , traversera  les forêts primaires de Madagascar.
Une menace pour la biodiversité?
Pas directement, avec les millions d'hectares de forêts que compte l'île, le "pipe" ne fera qu'une saignée minuscule. Ce qui est à craindre en revanche, c'est que cela ouvre en grand la voie aux exploitants forestiers peu scrupuleux, qui profiteront de cette ouverture dans la forêt pour abattre en masse des arbres aux bois précieux.

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