Bloguer à Cuba

Portrait de superuser

bloguer à cuba the W planet explorationParis, seize heures.
Il est dix heures à Cuba.
J'essaie de joindre David, la communication téléphonique est très mauvaise.
Alors nous décidons de communiquer via l'application de messagerie de Facebook, car MSN n'est pas accessible à Cuba.
David est français, installé depuis 1996 à La Havane. Il y vit, il y travaille.
Il y a développé, entre autre, un label de musique Brutal Beatdown Records promouvant le métal cubain et Boxsociety (voir le blog), une société chargée de commercialiser des coffrets cadeaux destinés à la communauté cubaine.
Il est aussi à l'initiative de la première rencontre de blogueurs cubains.

Un seul fournisseur d'accès : l'état.

Je l'interroge sur Cuba et le net.
On ne va pas sur internet comme ça à Cuba.
Les communications sont excessivement chères, lentes, surveillées et limitées.
Il n'existe en effet qu'un seul fournisseur d'accès à internet, ENET filiale de la société ETEC SA, la société de telecom de Cuba appartenant à l'état.

Des droits de connections très limités et hors de prix.
Tout le monde ne peut pas souscrire un abonnement internet. C'est le privilège des entreprises étrangères ou cubaines et de quelques cubains : médecins, certains artistes ou sportifs.
Un internet qui n'en est pas vraiment un, puisque la plupart des sites accessibles sont des sites eux-mêmes cubains.
Impossible par exemple de télécharge Google Chrome ou Google Earth.
Les prix sont également prohibitifs. À titre d'exemple, une ligne haut débit (réservée aux entreprises) de 128 kBps coûte 600 dollars US.
Un accès de trente heures, coûtera plus de 30 dollars.
Comment faire pour aller sur internet, quand on sait que le salaire moyen n'excède pas 12 dollars par mois?

"Les cubains louent des mots de passe en toute illégalité...".

Tout le monde n'ayant pas l'autorisation, ou les revenus pour accéder à internet, on se débrouille.
"Ici, les cubains louent des mots de passe en toute illégalité à des employés d'entreprise disposant  d'internet."
Un trafic de mots de passe courant.
Mais cela reste une des seules manières d'accéder à internet.
Pas simple donc, mais risqué aussi.
Car internet est sous haute surveillance.
Bloguer est donc possible, mais pas dans n'importe quelles conditions.

Onze blogueurs cubains s'unissent.

C'est dans ce contexte que se sont réunis onze blogueurs, mis en relation par David, lui même fidèle des blogs.
Onze hommes et femmes qui ont décidé de partager leur expérience et les difficultés qu'ils rencontrent et qui vont très bientôt mettre en ligne une communauté de blogueurs cubains.
L'initiative était suffisamment remarquable pour être citée sur The Planet Explorations.
À découvrir sur bloggerscuba.

 

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