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Guillaume de Sèze, Rousseau à Madagascar
12 nov. 2008 - 13:00
Guillaume de Sèze est un homme hors du temps.
La soixantaine, grand, le regard malicieux en embuscade derrière de petites lunettes ovales, il distribue des tartines aux gamins des femmes malgaches qui viennent lui vendre du niaouli.
Je l'ai rencontré une heure à peine après notre arrivée sur Tananarive. Il nous héberge dans sa maison, dans un quartier populaire.
"Ici, les gens viennent m'apporter leur cueillette sans problème. J'aurais choisi un quartier plus huppé, plus blanc, les gens auraient hésité à venir me voir. Et surtout ils se seraient fait virer par la sécurité!"
Sept ans qu'il est à Madagascar.
Sept ans qu'il a créé sa société, Comadex, suite à son départ d'une institution bancaire française.
S'il connaissait Mada?
"Je venais chasser dans le Nord du pays. J'aimais bien ce pays. Je me suis dit que cela pourrait être une bonne idée".
Entre deux souvenirs de chasse, il me raconte comment Comadex est née, et comment il a développé son entreprise.
Faisant fi des détails techniques, il s'attache surtout à illustrer son aventure par sa connaissance de l'île et de ses habitants.
Il en parle avec humour, mais aussi avec une infinie tendresse.
En voilà de la pudeur.
De cette vraie pudeur, de cette pudeur élégante, sans emphase, sans épanchement outrancier qui sied aux personnages de cette trempe.
L'entreprise?
"Ah oui... Comadex..."
Il balaye ma question de la main, comme s'il chassait mes mots comme des mouches trop curieuses.
Et il en revient à ce peuple qui souffre des périodes de disette.
À ce peuple souriant malgré l'âpreté des jours.
Et pourtant Comadex trouve chaque jour de nouveaux clients en France et ailleurs. Parfumeurs et laboratoires pharmaceutiques frappent à la porte de Guillaume de Sèze.
Là encore, il ne semble pas réellement les entendre.
Il s'attache plus à cette mère de famille qui lui porte une botte de ravintsar.
Guillaume pèse la botte.
Donne quelques billets en plus.
Il me parlera plus tard de cette jeune fille, très malade, dont il a payé tous les frais médicaux et que son épouse emploie régulièrement à des tâches quotidiennes.
"si je n'étais pas intervenu, elle serait morte dans la rue, cent mètres plus haut. Le système médical ici est très spécial, tu sais."
J'aurais le plus grand mal à faire parler Guillaume sur son entreprise durant tout le reportage.
Ce qui lui importe, c'est bien plus les gens et leur culture que les chiffres.
Un rousseauiste en quelque sorte.
Jean-François Aubert pour The W Planet Explorations
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quelle générosité, je suis admirative devant autant de modestie et ses grandes valeurs morales. Continuez c'est grâce à des actions humaines que nous aurons un monde meilleur.
Martine