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L’histoire de Purple.
30 avr. 2009 - 15:00
Tout ça commence sur un tarmac que le climat porte à prêt de 40° C.
Tout ça commence avec 200 enfants orphelins.
Tout ça commence sous les roquettes qui s’abattent sur un aéroport.
Ce jour là, Purple va quitter le Vietnam.
Mais tout cela a peut-être bien commencé quelques semaines auparavant.
Le 3 avril 1975 par exemple où le Président Ford a ordonné l’opération Babylift, qui vise à évacuer un maximum d’orphelins du Vietnam.
Ou bien plus tôt encore, dix ans plus tôt, lorsque les Etats-Unis sont entrés formellement dans un conflit armé avec le Nord Vietnam, lorsque le napalm a enflammé les villages et que l’agent orange s’est répandu en pluie sur des dizaines de milliers d’hectares de forêt.
Nous sommes le 26 avril 1975.
Purple a trois mois.
Purple, c’est ce qui est écrit sur sa fiche de transit, car cette petite fille porte un petit pyjama violet. Purple est orpheline.
Les sœurs de la Providence l’ont recueillie à Soc Trang, une bourgade du centre du Mékong le 16 février 1975. Une enfant parmi tant d’autres jetées à l’affection de ces femmes.
Une enfant née dans feu et la démence.
Le 24 avril, Purple est évacuée sur l’orphelinat de New Heaven à Saigon.
Depuis quatre jours les forces du Nord Vietnam encerclent la ville.
Précédés par la vague de terreur qu’ils inspirent, les communistes vont envahir Saigon dans quelques jours.
Le 26, très tôt le matin, enfants et bénévoles montent dans des bus en direction de l’aéroport de Saigon. Les bus n’arriveront à destination qu’à huit heures, de nombreux parents entravant leur route. Ils ont leur enfant dans les bras. Ils veulent qu’il parte loin de l’enfer. Ils supplient les bénévoles de prendre leur fils ou leur fille avec elles.
Puis c’est l’attente.
Dix heures sur le tarmac surchauffé à attendre un avion qui ne viendra peut-être jamais.
Les roquettes s’abattent régulièrement sur la piste.
Il fait trop chaud.
Les conditions sanitaires sont précaires.
Des bébés meurent dans les bras des femmes qui les accompagnent.
C’est un C141 qui se pose finalement.
Un avion de transport non climatisé. Un simple ventre d’acier pour accueillir bénévole, enfants et nourrissons.
On s’engouffre dans l’appareil.
Sur les quelques sièges de l’avion, on ceinture les enfants tant bien que mal. On pose les autres à
même le sol du C141 dans des boites qui pourraient être de simples boites à chaussures.
L’appareil décolle et ce sont les portes d’un autre enfer qui s’ouvrent.
Pas de médicament, pas de lait et dix heures de vol jusqu’à Guam.
Des enfants meurent. Encore.
Dix heures de vol.
C’est beaucoup trop.
Le pilote refuse de se dérouter vers l’aéroport militaire de Clark dans les Philippines, bien plus proche que celui de Guam.
« Dans dix heures ils seront tous comme lui ! »
Une bénévole hurle en secouant un nourrisson sans vie sous le nez du pilote qui accepte finalement de se poser.
Purple est malade.
Moins que certains autres, ce qui lui permettra de voler vers Seattle le 29 avril.
Elle est sauvée de l’enfer par l’affection, la volonté et le courage de certains.
Elle a pris le dernier avion du Babylift.
Une vie s’ouvre à elle.
Nous remercions Leann Thieman, bénévole de l'opération Babylift, pour les photos qu'elle nous a transmises. www.leannthieman.com
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Recent comments
- Philippe Arramy commente: "christian.caubet
- J'aime beaucoup le ton... etnightoftimes
- quelle générosité, jeMartaloe
- Wow, c'est impressionnant!Gabriel
- Impressionnant...nightoftimes
- La Petite Reine fait la unesuperuser
- Le contrat social doitMaud

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